LA GALERIE ET LE LAVOIR

La galerie est un souterrain de 3000 mètres creusé de 1842 à 1846, par la compagnie Michel et Armand, pour permettre l'exploitation des mines de charbon situées au sud de Fuveau, à Belcodène et à Gréasque. Le principe consistait à drainer les eaux de ruissellement et à évacuer les eaux de nappes souterraines qui inondaient les chantiers.
La sortie de la galerie est située au pied du village (à proximité du lotissement "les Fontaines") et remonte vers le sud. Lors des travaux de creusement, quatorze puits ont été aménagés pour évacuer les décombres. Le puits numéro 1 se trouve à coté de la Maison des Associations (puits en travaux en octobre 2002). Le puits numéro 10, nommé puits L'Huillier, est situé au lieu-dit Jas de Bassas. La galerie dessert ensuite le puits numéro 15, puis va rencontrer la "grande mine" qu'elle suivra en affleurement, sous le nom de "galerie des piémontais", jusqu'à se diviser en deux branches sous Gréasque.


Le débit d'eau à la sortie était considérable et variait, bien sûr, selon les saisons et les intempéries. Après de fortes pluies, il pouvait atteindre 100m3 par minute ! Le village a su en tirer parti : une roue hydraulique a été installée au puits 1 pour permettre aux habitants de s'approvisionner en eau potable à la force des bras, un moulin a été bâti en aval, et plus bas, les champs ont pu être irrigués.
Plus tard, une pompe hydraulique a été installée pour monter l'eau dans un réservoir de 60m3, situé dans la maison de "l'ancien four" (toujours existante aujourd'hui, face à l'église). Cette installation a permis la desserte en eau des premières fontaines du village.

Les mines fonctionnaient alors à plein régime, employant 300 fuvelains ; cette période de révolution industrielle fut pour Fuveau la première révolution démographique …et les pompes pompaient : jusqu'à 33m3 par minute au puits L'Huillier. Ces pompes à vapeur fonctionnaient avec le charbon qu'elles permettaient d'extraire, mais les rendements étaient mauvais : à plein régime, elles consommaient la moitié de la production ! De temps à autre, l'exploitation était interrompue pour cause d'inondations, les pompes ne suffisant plus ou s'arrêtant, elles aussi inondées.




En 1873, une nouvelle étape dans la modernisation a été franchie en construisant le lavoir
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Cela permit aux femmes de laver leur linge dans de meilleures conditions.
Des lavandières professionnelles travaillaient pour le compte de leurs clients. La dernière d'entre elles, Madame Corti, exerçait encore dans les années 1950.



Une précipitation d'ampleur exceptionnelle inonda en 1886 le puits L'Huillier, détruisant en partie les installations : son exploitation fut alors abandonnée, mais la galerie continuera à remplir ses fonctions pour les autres puits de mines plus au sud.

Lorsque Monsieur Verminck acheta le château Freugier et les maisons qui étouffaient l'église en 1903, la commune eut l'idée de faire creuser sous la future place un bassin d'environ 350m3 alimenté par une toute nouvelle pompe à vapeur. Plus tard on la remplacera par une pompe électrique. Ce bassin a été comblé en janvier 2002 à cause des risques d'effondrement.
Grâce au bassin Verminck, la distribution de l'eau dans le village se développe
au fil de la première moitié du siècle, puis à partir de 1960 sur toute la commune au travers d'un réseau d'adduction géré par la SEM. L'eau de la galerie, de moins en moins généreuse (arrêt des mines - creusement de la "galerie à la mer" - diminution des précipitations, dit-on) devra être complétée par des adductions depuis le canal à ciel ouvert (S.C.P.), afin de suffire aux besoins de la population.

 

Ce n'est qu'en 1985, que l'eau sous pression du Canal de Provence, intarissable, desservira les réseaux de Fuveau.

Notre galerie de Fuveau, la vraie, la souterraine, a apporté l'Eau et le Travail à plusieurs milliers d'Hommes. Moins brillante que la Galerie des Glaces, moins célèbre aussi, elle aura été tellement plus utile aux Fuvelains !